Mauvaises herbes, éradication ou cohabitation ?

mauvaises herbes ou adventices

Les plantes indésirables colonisent vos massifs et votre potager, vous les détestez au point de systématiquement les arracher ou de les traiter avec du désherbant. Mais ça ne dure qu’un temps. Faut-il déclarer la guerre aux mauvaises herbes ?

Plantes indésirables : apprendre à les découvrir

On les appelle aussi “adventices” car le terme “mauvaise herbe” est un non sens. En effet, les plantes indésirables sont souvent comestibles et possèdent même des vertus médicinales oubliées depuis l’avènement de la chimie de synthèse si chère à notre industrie pharmaceutique.

Les adventices font partie de la biodiversité de nos régions et jouent donc un rôle dans l’écosystème de votre jardin. Certaines comme le trèfle sont connues pour avoir un rôle de fixateur d’azote, elles participent donc à la fertilisation du sol. D’autres encore sont très mellifères, elles produisent beaucoup de nectar et fournissent donc une nourriture abondante aux abeilles et aux insectes auxiliaires comme les bourdons et les syrphes.

trèfle violet adventice

Le trèfle des prés ou Trifolium pratense

Les plantes adventices nous renseignent également sur la nature du sol. Si vous trouvez certaines espèces spécifiques en grand nombre sur votre terrain, c’est probablement dû à un déséquilibre au niveau de la biologie du sol. Excès de matière organique, sol compacté, carence en azote, etc.

Cohabiter avec les herbes folles

En tentant de maîtriser son environnement voire carrément de soumettre la nature, l’homme créé des déséquilibres. C’est exactement ce qu’il se passe dans votre jardin trop bien entretenu : vous subissez des invasions d’insectes, de champignons, de maladies ou de limaces. La nature tend vers l’équilibre et lorsque vous brisez celui-ci, elle met tout en œuvre pour retrouver ce point d’équilibre. Utiliser des produits phytosanitaires au jardin s’apparente donc à une lutte sans fin.
En plus de cela, vous polluez votre sol, vos nappes phréatiques déjà affectées par les épandages de l’agriculture sans oublier que vous êtes en contact avec des produits hautement cancérigènes. Finalement, les seuls gagnants dans cette histoire sont Bayer, Monsanto et les firmes de l’agrochimie en général.

Il est donc nécessaire de changer de vision, d’arrêter de considérer comme beaux une cour et un jardin “propres” (i.e. sans mauvaise herbe). Laissez plutôt pousser les herbes folles et amusez-vous à les reconnaître, les sentir, les goûter. Si vous souhaitez devenir incollable sur les plantes bio-indicatrices, je vous conseille les livres de Gérard Ducerf.

En permaculture, on préconise de laisser des zones sauvages dans le jardin pour permettre à des animaux de s’y réinstaller, les hérissons viendront y séjourner et se délecteront des limaces envahissant votre potager. Le but est d’attirer à nouveau des prédateurs dont le territoire a été sévèrement réduit par la construction de route, l’urbanisation et le “béton vert”.

Des méthodes alternatives existent pour prévenir la propagation des adventices. Opter pour un paillage ou un mulch freinera leur avancée. Il faut surtout les maîtriser lorsque vous venez de semer ou de mettre en terre de jeunes plants.

Et vous quel est votre point de vue sur les plantes adventices ?

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